Le Prophète (psl) était-il réellement illettré ?

Depuis ma tendre enfance, on m’a expliqué que le miracle principal du Coran, résidait dans sa poésie ! Son style littéraire laissait sans voix, les poètes arabes de l’époque, les incitant ainsi à embrasser la religion de Mahomet, ou le sabre de ses compagnons !

argabrielHélas, la splendeur rédactionnelle du Coran n’a de l’effet que sur les arabophones ! Et le francophone que je suis a appris à rechercher d’autres miracles dans ce livre, loin de  la poésie arabe. C’est aussi le cas des premiers musulmans de Perse, d’Afrique ou d’Asie qui ont partagé le même avis que moi, dans le passé.

A mon humble avis, une religion aussi universelle ne devrait pas se contenter de miracles aussi régionaux.

Ce miracle littéraire est d’autant plus miraculeux, quand le transmetteur du message d’Allah n’est autre qu’un illettré/analphabète…

Le prophète Mahomet (psl) est considéré de nos jours par la plupart des musulmans comme étant illettré/analphabète lors de la révélation coranique qui lui a été faite par l’Archange Gabriel.

Les Oulémas ont appuyé l’illettrisme de Mahomet en se basant sur les versets 157 et 158 de la Sourate « Al ARAF » (7) qui annoncent « al nabi al’ommi » qu’on pourrait traduire littéralement par « le prophète illettré/analphabète ».

Cette thèse se retrouve ainsi renforcée par « Sa7i7 Boukhari » – l’un des plus solides recueils de Hadiths authentiques chez les sunnites rassemblé par l’imam Mohamed Boukhari – et qui raconte l’action de la Révélation faite à Mahomet par Gabriel comme suit :

(…)  L’ange se présenta à lui et lui demanda de lire. Il répondit : « je ne sais pas lire ». « Sur ce, dit le Prophète, l’ange m’attrapa et m’étreignit si fort que j’étais à bout de force, puis il me lâcha en disant : « lis ! ». « Je ne sais pas lire » ai-je répliqué. Il m’étreignit alors une seconde fois jusqu’à presque m’étouffer puis il me lâcha et dit : « lis ! ». « Je ne sais pas lire », rétorquai-je. Il m’étreignit une troisième fois puis il me relâcha et dit : « lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble » (96.1-3).boukhari

source.

Malgré le nombre de fois où j’ai entendu ce Hadith, je n’ai jamais pris la peine de l’analyser de fond en comble, et c’est seulement en le racontant à mon fils qu’une question que je ne m’étais jamais posée auparavant, est venue se faire une place parmi toutes les autres, qui s’impatientaient déjà.  Là voici :

« Qu’a donné Gabriel à lire au Prophète, pour que ce dernier lui dise qu’il ne sait pas lire ? »

Quand ces quelques mots furent proférés par la bouche innocente de mon fils, j’ai eu l’air aussi stupide qu’un écolier au tableau qui n’avait pas révisé sa leçon. Je ne voulais pas paraître inculte devant l’être pour qui je sers d’exemple, alors en me ressaisissant du choc, je lui ai répondu : « Rien ».

Mon fils, pas très convaincu de la réponse, me fixa brièvement, avant de replonger dans ses Legos… l’air de me dire « vas révisez ta leçon, on en parlera ensuite ».

Dans ce bref silence qui s’était installé, je venais de me rendre compte que le Hadith que j’écoutais depuis des décennies, manquait d’éléments ! Quel document l’Archange Gabriel a-t-il présenté à Mahomet (psl) pour que celui-ci peine à le lire et lui admette ainsi son illettrisme ? Il est clair que ce n’était pas le Coran, puisque la révélation coranique se faisait verbalement, Mahomet (psl) la récitait ensuite à ses scribes afin qu’ils en prennent note.

J’ai été tout autant choqué d’apprendre que l’Imam de la mosquée où je priais n’en savait pas plus que moi sur la question. Pour lui :

–  » Il n’est question d’aucun document en particulier. Gabriel demanda à Mahomet (psl) de lire, ce dernier lui affirma son handicap. Après insistance Gabriel lui révéla les premiers versets du coran : « lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble » (96.1-3). Point !  »

– « Oui mais Cheikh,s’il n’y avait pas de document à lire, la question du Prophète aurait du être « qu’est ce que je lirai ? » non ? » lui dis je avec insistance.

– Toute autre question serait beaucoup trop difficile à assimiler pour le petit cerveau d’humain que nous possédons, me dit l’Imam, avant de regagner son bureau de la Mosquée.

Mais heureusement que Google est là !

Il faut trifouiller patiemment la toile du net pour trouver une réponse sunnite à cette question, et c’est ainsi que je suis tombé sur le livre « Sirrat Arrassoul » ( la Biographie du Prophète ) de Ibn Is’haq, l’un des tous premiers historiens de l’Islam, qui dressa le portrait  du Prophète ( au seconde degré), pour lire le Hadith suivant :

Pendant que je dormais, Jibrîl vint à moi. Il m’a dit : « lis ! » Je lui dis : « qu’est-ce que je lirai ? » Il me pressa avec l’écrit si fortement que je pensais que c’était la mort ; puis il me libéra  et dit : « lis ! » Je demande : « qu’est-ce que je lirai ? » Il me pressa avec l’écrit pour la troisième fois si fortement que je pensais que c’était la mort et il me dit : « lis ! » Je dis : « qu’est-ce que je vais lire donc ? » Je dis cela seulement pour me débarrasser de lui, de peur qu’il me fasse la même chose encore. Il dit : « lis, au nom de ton Seigneur qui créa ! Qui créa l’homme d’une adhérence. Lis, ton Seigneur étant le très Généreux qui enseigne par le calame et enseigne à l’homme ce qu’il ignorait » (96. 1-3). L’Envoyé d’Allah dit : « je les lus ».

Source. 

« Iqra » (lire) ici obtient une toute autre définition… « Iqra » – qui partage la même racine que « Qoran » – voulait dire « Prêcher » , et Gabriel demandait donc à Mahomet de « Prêcher la parole de Dieu ». En tout cas, c’est ce qu’annonce l’orientaliste Luxenberg, dans  son ouvrage « The Syro-Aramaic Reading of The Koran » à la page 70. 

mahomet_01Ici l’histoire de la révélation coranique acquiert plus de sens, puisque le Prophète lui-même, se questionne sur ce qu’il devrait lire. Dans ce Hadith que je juge plus authentique car plus adapté à la réalité, le prophète n’admet en rien son illettrisme, loin de là… il demande à l’Archange ce qu’il est censé lire. Ainsi l’illettrisme de Mahomet n’est plus mis en valeur dans cette version du Hadith de Ibn Is’haq.

Tout compte fait, le Prophète était-il réellement illettré ?

Ceux qui ont lu le coran, justifieront cette analphabétisme prophétique par les versets 157 et 158 de la sourate 7 qui disent clairement « Al nabbi al oummi ». (Le Prophète Illettré)

Hélas, l’adjectif « oummi/ommiyoun » est présent dans 6 versets du Coran pour décrire le peuple arabe de « oummiyoun »  (2/78, 3/20, 3/75, 62/2-3, 7/157,158).

Si pour la définition du mot « Iqra » a évolué en 1400 ans, se pourrait il que ce soit aussi le cas du mot « Oummi »… Alors qui étaient vraiment « Al Oummiyoun » :

– Selon Ibn Kathir ( un grand historien reconnu par la communauté sunnite) :
« Moujâhid a dit : les oummiyyin, décrits par Dieu, ne comprennent pas les livres que Dieu a révélés à Moïse, mais ils forgent des mensonges et des falsifications ». source. 

– Selon Ibn Abbas :
Les oummiyyoun sont des gens qui ne déclarent véridique aucun apôtre envoyé par Dieu, ni aucun livre révélé par lui, mais ils ont écrit un livre de leurs mains, puis ils disent aux ignorants : cela vient de Dieu ». source.

Le Coran lui-même qualifie les « oummyoun » dans le verset 20 de la sourate 3, (ainsi que dans plusieurs autres versets) comme suit :
« Et dis à ceux à qui le Livre a été donné, ainsi qu’aux illettrés : « avez-vous embrassé l’Islam ? » »
Ainsi, le coran définit  les Juifs et les Chrétiens comme « ceux à qui le Livre a été donné » et les illettrés comme ceux qui n’ont reçu aucune révélation de la part de Dieu dans le passé !

De plus, l’Histoire Islamique regorge de Hadiths où le Prophète écrivait et lisait, des Pactes et des Lettres à ses alliés et à ses ennemis, en voici quelques exemples :

– Al Bukhari : http://hadith.al-islam.com/Page.aspx?pageid=192&BookID=24&PID=6882
– Ibn Is’haq : http://sirah.al-islam.com/Page.aspx?pageid=204&TOCID=750&BookID=160&PID=1557
– Abi Daoud : http://hadith.al-islam.com/Page.aspx?pageid=192&BookID=28&PID=2606
– Ibn Is’haq : http://sirah.al-islam.com/Page.aspx?pageid=204&BookID=160&TOCID=326

etc.

Cet illettrisme du prophète n’est elle pas en fin de compte, une invention de toute pièce faite par des Oulémas pour accentuer le miracle linguistique de la révélation, quelques siècles plus tard ?

Si le Coran n’a pas été falsifié, peut on dire autant pour les Hadiths du Prophète (psl) ?

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